3 Questions à Bénédicte Hamon et Pia Ceccaldi
26 février 2026

Un an, dix dates et plus de 250 fundraisers rencontrés aux 4 coins de la France : c’est en quelques chiffres le bilan du Fundraising Tour 2025 de l’AFF intitulé « Adoptez le réflexe RSE ». Un tour de France des groupes régionaux de l’AFF, animé par Pia Ceccaldi et Bénédicte Hamon, toutes deux consultantes indépendantes, la première venue d’un horizon RSE et engagement des entreprises, la seconde d’un horizon fundraising et mécénat. Elles reviennent sur les rencontres, les questions et les spécificités territoriales rencontrées sur leur chemin.
Que retenez-vous de ce Fundraising Tour 2025 ?
Bénédicte Hamon : Outre les plus de 250 fundraisers que nous avons rencontrés, cela fait beaucoup de kilomètres parcourus, et beaucoup de cafés ingérés, c’est certain ! Je retiens aussi de belles rencontres avec chaque responsable de groupe régional – nous avons à chaque fois été chaleureusement accueillies – et également avec Pia. Nous ne nous connaissions pas avant que l’AFF nous propose de coanimer ce Fundraising Tour dédié à la prise en compte de la RSE dans la stratégie mécénat des fundraisers, mais notre binôme a très bien fonctionné. Nous nous sommes révélées très complémentaires. J’ai apporté un regard plus associatif, plus proche des préoccupations territoriales avec mon passé de fundraiser en collectivités et dans la culture où j’ai notamment géré des questions de mécénat, de partenariats entreprise, de mobilisation de leurs parties prenantes.
Pia Ceccaldi : Et moi j’ai pu donner à comprendre en regard le prisme des entreprises, puisque j’ai travaillé essentiellement dans le privé, et en particulier en charge du mécénat et de l’engagement sociétal au sein d’une direction RSE pendant 10 ans. Expérience que j’ai complétée il y a deux ans avec le Certificat Français du Fundraising. Notre double regard a été une force pour évoquer avec les participants comment aligner leurs propositions d’engagement avec les préoccupations RSE des entreprises de leurs territoires. Selon les questions nous pouvions nous compléter ou adresser plus spécifiquement les sujets qui correspondaient le mieux à nos expertises.
Qu’est-ce qui motivait les fundraisers à venir participer aux sessions sur ce sujet ?
Pia Ceccaldi : Avant de commencer le tour, nous ne savions pas quel était l’intérêt réel et le niveau de maturité des participants en matière de RSE, et nous nous demandions comment adapter notre propos selon les cas que nous rencontrerions. Mais assez vite nous avons réalisé que ce sujet de la RSE était une vraie préoccupation. Nous avons compris que pour les participants c’était à la fois l’opportunité de tester leurs intuitions, de démêler la complexité que recouvre le sujet de la RSE qui a beaucoup évolué ces dernières années, et de clarifier aussi des questions très concrètes. Nous avons eu à chaque fois des temps d’échange très riches.
Benedicte Hamon : En effet, il n’a pas été rare que les sessions de questions-réponses à la fin de notre intervention durent une bonne heure. D’abord parce que dans les 20 ou 30 personnes que nous avons eu chaque fois en face de nous, il y avait évidemment des fundraisers de secteurs très variés, avec une manière d’aborder la RSE très différemment : le sujet n’est pas du tout le même selon qu’on présente un projet culturel, social, santé, environnemental… Il y avait un vrai besoin d’adapter nos réponses à ces enjeux sectoriels, et également une demande pour faire le lien entre les grands principes de la RSE, souvent associés aux grandes entreprises avec des politiques très formalisées et visibles, et les pratiques d’entreprises de plus petite taille sur les territoires, où les approches peuvent être plus diffuses, moins formalisées et donc lisibles pour les fundraisers.
Avez-vous justement constaté des disparités territoriales sur ce sujet de la RSE ?
Pia Ceccaldi : Il y avait évidemment des différences liées aux causes les plus présentes ou emblématiques sur le territoire et aux types d’entreprises implantées, car toutes ne sont pas concernées de la même façon par la RSE. Nous avons également perçu des différences en fonction de l’ancienneté et donc du degré de maturité de chaque groupe régional. Mais en filigrane nous avons rencontré un même un besoin partagé de monter en compétences sur le sujet pour mieux comprendre les enjeux des entreprises auxquelles on s’adresse. Pour moi qui ai découvert le réseau de l’AFF depuis quelques années seulement, cela a aussi été un plaisir de voir que l’esprit convivial, chaleureux, d’entraide et de partage qui m’a marqué quand j’ai découvert l’association, se retrouve partout en France.
Bénédicte Hamon : Nous avons souvent entendu : « sur notre territoire, c’est un peu particulier… » alors qu’en fait les questions se rejoignaient ! Par exemple, le sujet de la frontière entre contribution à la stratégie RSE de l’entreprise et prestation de service est souvent revenue. Nous avons aussi entendu des interrogations partagées autour de la RTE, la Responsabilité Territoriale des Entreprises. Cela traduit, je pense, des questionnements communs des fundraisers sur les liens qu’ils peuvent nouer avec les entreprises de leurs territoires, y compris les TPE-PME, et sur les leviers pour développer leur mécénat. Nous avons commencé à poser un cadre de réponse par le prisme de la RSE, et c’est vraiment intéressant que le prochain fundraising tour qui commencera bientôt soit centré sur « le pouvoir du mécénat de proximité »*. Cela devrait vraiment compléter ce que nous avons cherché à apporter.
* Pour tout savoir sur le Fundraising Tour 2026 sur le mécénat des TPE et PME en régions, rendez-vous ici.
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