Sauvage Méditerranée, une association provençale, revalorise dans son atelier des déchets ramassés sur les plages de Méditerranée par ses associations partenaires de protection de l’environnement. L’association a failli participer à l’émission M6 « Qui veut être mon associé ? », dans laquelle des entrepreneurs pitchent leurs projets à des investisseurs. Elle n’a pas été retenue, faute de lucrativité. Qu’à cela ne tienne, quand on n’a pas de dividendes, il faut avoir des idées. L’association rebondit et lance un appel inédit.

« Qui veut être mon mécène ? », c’est donc la question posée par l’association sur ses réseaux et son site. Incitant à partager le message, à tagger les entreprises que l’on pense susceptible de devenir mécènes ou à demander le dossier de mécénat. Et le message fait mouche puisqu’il permet notamment à Emmanuel Laurin, fondateur de l’association, d’être reçu dans les Carnets de Campagne sur France Inter. Tout cela avec un investissement mineur : un visuel sympa dans l’esprit de l’émission de M6, un petit dossier mécénat présentant ses programmes, quelques posts et une page sur son site web.

Mais cette opération de « communication circulaire », qui recycle une tentative échouée en potentiel succès, s’appuie sur un storytelling impeccable (voir notre article sur le Webinaire dédié au sujet) et cohérent, avec cette jeune association qui recycle bouchons et bidons plastique, filets de pêche, ou verre poli, pour les transformer en bijoux et trophées. Ou même en pièces recyclées de sa propre monnaie, créée en 2024 : chaque collecteur de déchets reçoit en effet des pièces en fonction du poids ramassé. Il peut ensuite les dépenser dans une cinquantaine de boutiques d’Aix en Provence, Marseille ou Toulon.

L’association n’en est pas à son premier recyclage, puisqu’il y a quelques années elle avait déjà eu l’idée maligne de produire une parodie du clip « Basique », du rappeur Orelsan changeant les paroles pour sensibiliser à la pollution des mers et plages : « Simple, Plastique ». Alors que l’association, explique Emmanuel Laurin sur France Inter, tire 30% de ses ressources du mécénat de petits commerçants comme de plus grandes entreprises provençales, qui sait quel mécène elle rapportera dans les filets de cette campagne. Elle a en tous cas créé un intérêt pour le concept : « On a vu un vrai engouement pour le principe de l’émission sur les réseaux sociaux, explique le fondateur, d’autres associations qui nous disaient ‘nous aussi on veut participer’ ». Qui sait si M6 ne finira pas par lancer le concept ?

© Photo : Sauvage Méditerranée, Center for Effective PhilanthropyQui veut être mon mécène ? – Sauvage