La septième édition du Panorama des Fondations et des fonds de dotation créés par des entreprises mécènes vient de paraître. Réalisée par le Centre français des Fonds et Fondations (CFF), les Entreprises pour la Cité et la société d’avocats EY, l’étude* propose un focus sur l’évolution de la relation entre porteurs de projets et entreprises mécènes, dans un contexte de crise des ressources qui fragilise les associations.

Action sociale, éducation, insertion professionnelle : la stabilité des causes prioritairement soutenues dans le cadre du mécénat mené via des fondations d’entreprise reflète l’ancrage philanthropique des entreprises sur les enjeux de développement humain pour lesquels elles disposent d’une légitimité et d’une capacité d’action directe. Le Panorama publié par le CFF, les Entreprises pour la Cité et EY note tout de même que s’installe une tendance du mécénat croisé : en 2026, 74% des structures déclarent couvrir plusieurs domaines d’intervention.

Des stratégies de mécénat plus concentrées

Le budget annuel moyen des fonds et fondations s’établit en 2025 à 1 674 239 €, en baisse par rapport à 2023 où il atteignait 2 032 630 €. Cependant, le montant moyen alloué par projet, soit 42 228 €, est en progression. Les fonds et fondations ont donc tendance à soutenir un nombre moins important de projets. Cette logique de concentration traduit leur volonté de maximiser l’impact des financements, en privilégiant des projets mieux dotés et a priori plus structurants.

Si 44% des mécènes estiment ne pas avoir fait évoluer leur posture au cours des deux dernières années, 40% déclarent, au contraire, l’avoir fait de manière forte ou modérée : une évolution significative sur une période aussi courte. Le changement de posture semble refléter une prise de conscience, à savoir que l’impact repose aussi sur la solidité des organisations qui déploient les projets financés.

Vers une meilleure prise en compte des besoins des porteurs de projets ?

En tête des actions prioritaires pour mieux soutenir les associations, la pluriannualisation des financements sur au moins trois ans et sans condition de renouvellement est citée par 58% des fonds et fondations. Avec 83% des structures mécènes qui mettent en place le financement pluriannuel, la pratique reste stable. Mais les durées de ce type de soutien ont tendance à rallonger, dépassant davantage le seuil des trois ans (16% en 2026, contre 10% en 2024). Parmi les structures concernées, 8% d’entre elles dépassent même le seuil des cinq ans. Malgré les 71% de répondants déclarant avoir allégé ou envisager d’alléger les charges administratives des associations soutenues, les priorités d’évolution des mécènes portent surtout sur les processus de sélection des projets et le reporting.

Citée par 84% des fondations d’entreprises mécènes, la posture de partenaire s’impose comme le modèle de référence. Concrètement, 63% des mécènes déclarent financer les frais de fonctionnement des associations. Mais, dans un contexte très tendu pour ces dernières, dont les ressources humaines et matérielles sont indispensables pour mener leurs actions, un tiers des répondants indiquent ne pas financer les frais de fonctionnement et ne pas envisager de le faire.

Plus de la moitié des répondants disent avoir déjà renforcé leur soutien face à la fragilisation d’une association, par un appui financier complémentaire ou par un accompagnement extra-financier. Enfin, la sortie de financement devient un sujet à part entière : 28% des mécènes ont exprimé avoir déjà mis en place un dispositif de fin de partenariat et 18% envisagent de le faire.

L’étude est à retrouver sur le site du CFF : https://www.centre-francais-fondations.org/ressource/edition-2026-du-panorama-des-fondations-et-fonds-de-dotation-crees-par-des-entreprises-mecenes/

*Les résultats de cette nouvelle étude sont issus d’une enquête menée en ligne entre mars et mai 2026, auprès d’un panel de 129 structures dont 66 fondations d’entreprises, 37 fonds de dotation, 21 fondations sous égide et 5 fondations reconnues d’utilité publique.