BAROMÈTRE. Face à trop d’incertitudes, la générosité marque le pas
7 mai 2026

La Fondation Apprentis d’Auteuil publie tout juste la 7ᵉ édition de son « Baromètre de la solidarité » qui dévoile chaque année – en pleine campagne IFI – la générosité passé et prévisionnelle des français, avec un focus particulier sur les hauts revenus. Un baromètre qui dévoile une générosité 2025 marquant un peu le pas, y compris chez les plus aisés, signe d’une prudence croissante face aux incertitudes politiques et géopolitiques, autant que de restrictions économiques pour les moins hauts revenus. Un baromètre qui donne également des signes d’un possible renforcement du repli des dons pour 2026.
Moins de donateurs, mais aussi un don moyen en légère baisse, note le baromètre Fondation Apprentis d’Auteuil – Ipsos BVA. En 2025, seuls 47% des Français sondés affirment avoir donné à au moins une association ou fondation, contre 52% l’an passé. Une baisse particulièrement marquée chez les Français non-assujettis à l’impôt sur le revenu (-8 pts) et chez les jeunes de moins de 35 ans (-10 pts). Le don moyen baisse quant à lui de près de 10% : 336 € en 2025 contre 384 € en 2024. Du côté des hauts revenus (foyer au revenu annuel net de plus de 120.000 €), la baisse du nombre de donateurs est également marquée : 76% affirment avoir fait au moins un don en 2025 contre 84% en 2024. Le don moyen est en revanche en hausse : 2.646 € contre 2.322 € l’année précédente.
Une générosité de plus en plus tirée par les hauts revenus, des bases qui s’étiolent, les constats confirme ceux de ces dernières années. Et l’année 2026 ne se présente pas sous les meilleurs auspices alors que le baromètre voit l’inquiétude des Français se renforcer en ce début d’année – l’étude ayant été menée entre le 25 février et le 10 mars, soit au tout début de la guerre en Iran et en contexte pré-électoral des municipales. Ainsi, 92% des Français se disent préoccupés par le contexte géopolitique (+3pts vs 2025) et 90% le sont par le contexte politique national (+2pts). Chez les hauts revenus, mêmes préoccupations grandissantes : 90% s’inquiètent de la situation internationale (+5pt) et 85 de la situation politique française (+6pts). Les plus aisés sont en revanche moins inquiets que l’an passé pour leur pouvoir d’achat (47% soit -10pts) ou leur avenir personnel (26% soit -18pts par rapport à la même période l’an dernier), signe très possible – si l’on croise cette étude avec d’autres enquêtes – qu’ils ont su épargner pour se mettre un peu à l’abri.
Des intentions de don au plus bas dans un contexte difficile
Dans ce contexte, la part de donateurs chez les Français est en ce début d’année au plus bas niveau jamais mesuré par le baromètre depuis sa création en 2020 : 17% ont fait un don contre 20% l’an passé, et 24% en 2024. Baisse encore plus marquée chez les hauts revenus : 41% ont fait un don en début d’année contre 56% sur la même période l’an passé. Les intentions de dons pour l’année 2026, sont aussi en recul. Un signal d’autant plus inquiétant qu’elles au fil des éditions en décalage de plus en plus marqué avec les dons effectivement réalisés. Ainsi, 51% des Français disent avoir donné ou avoir l’intention de le faire, contre 55% l’an dernier (47% l’avaient effectivement fait), tandis que 78% des hauts revenus déclarent avoir donné ou avoir l’intention de le faire, soit près de 10 points de moins que l’an passé (87% avaient déclaré avoir l’intention de donner et 76% l’ont effectivement fait).
Dans ce contexte, la part de donateurs qui prévoit de donner davantage en 2026
qu’en 2025 diminue, particulièrement chez les plus hauts revenus : 44% d’entre eux anticipent une hausse de leurs dons contre 50% l’an dernier (14% anticipent de donner moins).
Malgré une forte conscience de l’augmentation des besoins de dons des associations (plus de 80% chez les Français comme chez les hauts revenus), la part de donateurs qui prévoit de donner davantage en 2026 qu’en 2025 diminue en ce début d’année particulièrement tendu politiquement et géopolitiquement, particulièrement chez les plus hauts revenus (44% d’entre eux anticipent une hausse de leurs dons contre 50%). Motifs invoqués par ceux qui prévoient de moins donner : la baisse du pouvoir d’achat d’abord chez les Français en général (64%) devant la volonté d’épargner pour faire face à l’incertitude (38%). Les raisons s’inversent chez les hauts revenus : la volonté d’épargner par précaution d’abord (46%) devant le manque de moyens (29%).
Réalisé avec Ipsos-BVA, le « Baromètre de la solidarité » est basé sur un sondage auprès de 1.000 Français représentatifs de la population ainsi que sur une enquête auprès de 500 dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120.000 € pour la partie « hauts revenus ».
L’ensemble des résultats est disponible sur le site de la Fondation Apprentis d’Auteuil.
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© Photo d’illustration : couverture du Baromètre de la solidarité 2026 des Apprentis d’Auteuil
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