Coup sur coup, en cette fin d’année, deux associations ont « hacké » des événements à forte portée médiatique pour faire passer leurs messages de sensibilisation. Des hackings loin du piratage sauvage que le mot suggère, puisque concertés avec les organisateurs de ces événements, mais qui ont permis, outre l’audience immédiate de faire couler beaucoup d’encre. (en savoir plus)

C’est à quelques jours de Noël que RSF a « hacké » le premier, pour alerter l’opinion sur le sort du journaliste sportif Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie. Le support hacké ? Un match du PSG. A la 7ème minute, en référence à la durée de la peine du journaliste, les commentaires ont été coupés pour laisser la parole à la mère du journaliste dont l’image s’affichait à côté de celles du match (détails à voir sur le site Dans Ta Pub).

Dix jours plus tard, c’est l’association de prévention routière Antoine Alléno, créée par le chef cuisinier Yannick Alléno en mémoire de son fils tué par un chauffard, qui « hackait » à son tour le décompte du nouvel an sur l’Arc de Triomphe. A la place de l’heure, s’est soudain affiché le chiffre « 2036 » et le texte « N’attendez pas dix ans pour fêter votre prochain nouvel an ». Un message de prévention alertant sur les conséquences de la conduite alcoolisée ou sous drogues, et une référence à la durée de la peine encourue pour le délit homicide routier (plus d’infos sur le site Influencia).

Le point commun de ces « piratages » : avoir été organisés avec la coopération des organisateurs et diffuseurs (BeIn Sport, la Mairie de Paris). Des opérations menées à heure de grande écoute, même si elles ne l’étaient pas forcément aux heures les plus cruciales de l’audience (début d’un match à enjeu modéré, prise de parole à 23h30 et pas à 23h59…). Mais des opérations largement reprises dans les médias, assorties de cette idée de « hacking » puissamment militante. De l’art de ne pas attendre d’utiliser les caisses de résonance où elles se trouvent. Avec la bienveillance de ceux qui les créent. Et possiblement à moindres frais de visibilité. Le « hacking organisé » : incontournable de 2026 ?

© Photo de Marc Lopez, issue de Nice Matin