La résilience associative et le « mode protection », un domaine à part du fundraising ?
18 juin 2026

Un récent briefing du NCVO (National Council for Voluntary Organisations)et de l’assureur Zurich, révèle que – face à l’hostilité ambiante et à la polarisation – de plus en plus d’associations britanniques basculent en « mode protection ». Une bascule lourde de conséquences pour les opérations mais aussi pour les besoins de financement. Alors que prendre la parole devient une vulnérabilité, que les messages de collecte aussi peuvent être attaqués, la résilience deviendra-t-elle une ligne de collecte à part dans les années à venir ?
Et si la prochaine ligne de votre budget n’était ni une campagne de sensibilisation, ni un nouveau projet, mais votre propre capacité à tenir le choc ? C’est, en substance, le constat dressé par le NCVO et Zurich dans leur dernier briefing (à lire sur Civil Society) : pour un nombre croissant d’organisations britanniques, la gestion des risques, la protection des équipes et la préparation aux crises ne sont plus des sujets périphériques mais des activités quotidiennes, amenant à basculer, note le rapport en « mode protection ». Le rapport pointe notamment un tournant qui concerne directement les fundraisers : la visibilité est devenue un risque. Hostilité, atteintes à la réputation, sécurité du personnel — autant de préoccupations qui modifient la façon dont les associations s’adressent au public. Mais on ne collecte pas en silence. Là où le « mode de protection » pousse au repli, le fundraising, particulièrement dans le contexte actuel de tension sur les ressources, suppose de continuer plus que jamais à se montrer, à raconter, à demander.
Financer et outiller la résilience…
C’est tout l’enjeu que traite le dossier à paraître prochainement dans notre magazine Fundraizine. Sous l’angle des narratifs associatifs par temps de polarisation, il interroge en communication et en opérations de collecte ce que le NCVO observe côté opérationnel : faut-il se taire, hausser le ton ou trouver un moyen de créer du collectif ? Aux questions de posture, le rapport britannique ajoute une dimension fondamentale : celles du coût. La résilience mobilise des ressources de manière continue, elle devient un « coût opérationnel caché » incontournable, mais est « difficile à financer » note-t-il. Alors faudra-t-il dès maintenant, en faire une ligne à part dans les échanges avec les mécènes ou philanthropes par exemple ?
« À mesure que l’environnement opérationnel continue d’évoluer, la capacité des associations caritatives à avoir un impact dépendra de plus en plus non seulement de la force de leur mission, mais aussi des structures de résilience qui les entourent ». Ces structures de résilience incluent aussi l’outillage que les fundraisers peuvent mettre en place pour eux-mêmes. C’est précisément l’objet du guide « Agir en fundraiser responsable »*, publié récemment par l’AFF et l’Institut IDEAS, qui propose une grille concrète pour repérer les zones de vulnérabilité, les dérives potentielles, et mettre en place des parades. Un rapport entre gestion des risques et lignes éthiques, bases fondamentales pour dépasser le « mode protection » et revenir au « mode conviction ».
Le rapport complet Charities in ‘Protection Mode’. How charities are adapting to a more volatile operating environment est disponible ici.
*Toutes les informations sur le guide « Agir en fundraiser responsable » publié par l’AFF et l’Institut IDEAS sont à retrouver ici.
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© Photo de Mikhail Nilov sur Pexels
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