L’Association Valentin Haüy crève l’écran… sans une image !

« Pas vu, pas pris » ! L’Association Valentin Haüy (AVH) contourne avec brio l’interdiction de diffuser en TV un film de plaidoyer sorti en novembre en version digitale. Le raison de ce retoquage par l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) ? Des images, selon elle, trop violentes pour la grande écoute. Pour dénoncer l’absurdité d’une loi 2005 qui prive d’une partie des aides au handicap les personnes qui perdent la vue après 60 ans, l’association et son agence Josiane ont en effet opté pour un film tout aussi absurde et qui crève littéralement l’écran.

Le spot met en effet en scène « l’anniversaire de trop » : celui des 59 ans, où, informés de cette loi, les participants « se dépêchent de perdre de la vue » dans un moment de panique collective absolu, et se crèvent ainsi les yeux avec tous les moyens à leur disposition : bougies, cure-dents, cotillons… avant que la voix off ne leur rappelle qu’on peut aussi changer la loi. Résultat, près de 6 millions de vues sur Internet et des milliers de signatures de la pétition en ligne accompagnant la campagne. Mais de télévision, pourtant le média de prédilection des sexagénaires, il n’est pas question.

Une interdiction que l’association contourne aujourd’hui avec une nouvelle version du film… en audiodescription, justement le moyen permettant aux personnes déficientes visuelles de suivre un programme télé. Tandis qu’un message d’information sur écran noir explique le pourquoi de ce film, une voix décrit le film originel. Malin et efficace, puisque qu’une version en audiodescription du film existait déjà, cet audio-spot devrait être diffusé par Canal+ et Paramount, selon Influencia. En attendant les autres chaînes TV ?

Belgique : la déductibilité des dons dans le viseur du nouveau gouvernement

En Belgique, rapporte notamment le site de la RTBF, les associations s’alarment face au projet fiscal de la nouvelle coalition de gouvernement dite « Arizona » qui prévoit de réduire la déductibilité des dons de 45% à 30%… Arrivée au pouvoir fin janvier après sept mois de négociations, la coalition rassemble les libéraux, les socialistes, les chrétiens-démocrates et les nationalistes flamands dont le leader, Bart de Wever, a pris les fonctions de Premier Ministre.

Selon certains parlementaires, explique Le Soir, cette baisse importante de la déductibilité des dons serait déjà « le fuit d’un compromis » puisque certains acteurs de la projetaient de supprimer totalement cette possibilité de déductibilité. Alors que la générosité des Belges se monterait à plus de 350 millions d’euros annuels, la mesure reste à être soumise au débat et au vote parlementaire. Elle pourrait permettre au gouvernement de faire 50 à 55 millions d’euros d’économies budgétaires, ce qui ne représenterait que « des économies de bouts de chandelles » face à un risque important pour la générosité souligne une Directrice d’Amnesty International sur le site de l’association.

En France, la Loi de Finances 2025 reste plutôt favorable à la générosité (voir ici le décryptage très complet de France Générosités sur le sujet). Mais les menaces sur les « niches fiscales de la générosité » (selon les parlementaires qui s’y attaquent) sont régulières. Si dénouement du cas belge est à suivre au plus près, il rappelle aussi la potentielle fragilité d’une collecte qui miserait tout sur l’argument « réduisez vos impôts en donnant ».

T’as été à Tahiti… et t’as donné !

Belle approche collective d’un problème écosystémique : la Fédération des associations de protection de l’environnement de Tahiti (Fape) lance le Fonds Natura Porinetia. Objectif de ce fonds, être « une interface entre entreprises et associations », selon les propos d’un membre de la Fape, rapportés par Tahiti Infos et permettre ainsi de soutenir, via des appels à projets, les associations environnementales. Alors qu’une dizaine d’entreprises sont déjà mécènes, ce lancement s’accompagne d’un dispositif de financement original coordonné Tahiti Tourisme.

En effet, l’agence touristique lancera en mai une plateforme de financement pour inciter les touristes, mais aussi les entreprises et résidents à contribuer à la cause environnementale locales (les associations soutenues pouvant œuvrer pour la conservation de la nature, la réduction des déchets, la décarbonation ou la gestion durable des ressources …). Elle permettra également de mettre en lumière l’impact des contributions.

A noter que la Polynésie ne s’est dotée que depuis 2016 d’un statut spécifique de fondation, proche de celui de fonds de dotation.

Un milliard de dollars de crypto-dons, appelé à se multiplier

En novembre, la plateforme de dons Just Giving annonçait ouvrir la possibilité de collecter des dons dans plus de 60 cryptomonnaies au Royaume-Uni. Depuis ce mois de février, l’option est aussi offerte aux associations américaines. De quoi booster les collectes en cryptos aux USA, alors que selon le rapport annuel The Giving Block (structure qui aide les associations à collecter des actifs numériques), les crypto-dons auraient dépassé le milliard de dollars en 2024.

Un milliard et une « croissance parabolique selon le Rapport Annuel sur la Crypto-philanthropie de The Giving Block : entre 2018 et 2023, 2 milliards de dollars avaient été donnés en cryptos. Le mouvement est, selon le rapport, porté à la fois par l’intérêt croissant des donateurs pour les crypto-monnaies et par une ouverture des organisations à but non lucratif à l’acceptation des actifs numériques puisque « 70 % des 100 premières organisations caritatives du classement Forbes acceptent désormais les dons en crypto-monnaies, ce qui représente une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente », note le rapport.

Selon The Giving Block, le don moyen en cryptos en 2024 était par ailleurs de près de 11.000$ soit une augmentation de quasiment 400% par rapport à 2023. Les annonces de Just Giving aidant (puisque la plateforme, en partenariat avec The Giving Block, se charge de convertir les cryptos en monnaie locale pour le compte des associations), le mouvement n’en serait qu’à ses débuts : selon les projections du rapport, la générosité en cryptomonnaies devrait atteindre 2,5 milliards de dollars en 2025.

Un fundraising très très chouette !

La Saint-Valentin était placée sous le double signe de la catharsis et de la générosité dans un parc animalier canadien dédié à la préservation d’une espèce de chouette menacée. En effet, rapporte le Guardian, le parc a réitéré une opération originale « no regRats » pour la fête de l’amour : un don de 5 dollars permettait baptiser un rat du prénom de son ex… rat qui était ensuite donné à manger aux chouettes.

Si la campagne a fait polémique chez les défenseurs des rats, elle a aussi rencontré un « grand succès » chez les amoureux amers selon le compte Instagram du parc animalier qui sait multiplier les leviers pour convaincre les donateurs. Car ce n’est pas parce qu’on a de petits budgets (ses collectes tournent autour de 5000 dollars canadiens) qu’on ne peut pas avoir beaucoup de bonnes idées de campagnes, et les communiquer à moindre frais sur les réseaux sociaux.

Ainsi, le parc propose des offres variées comme « adopte une chouette » (pour 65 dollars canadiens), programme poussé sur les réseaux à Noël ou pour la fête des pères, mais aussi « adopte un œuf », une campagne saisonnière au moment de la ponte, qui donne accès pour 20 dollars canadiens à des activités ludo-pédagogiques familiales autour des chouettes. Il mène des enchères en ligne et propose enfin à ses soutiens une « liste d’envies » sur Amazon, qui permet aux donateurs d’acheter directement le matériel dont le parc à besoin.