Sous l’effet de la polarisation politique et d’une règle fiscale sur la déductibilité, les budgets et portefeuilles de mécénat évoluent en 2026 : arbitrages sur les causes, restructuration et développement du mécénat de compétences.

Sous le regard attentif de l’administration Trump et des médias, voire de salariés et clients politiquement polarisés, les stratégies de mécénat des entreprises américaines devraient poursuivre en 2026 la mue qu’elles ont amorcée en 2025, selon une étude du think tank US The Conference Board. Restructuration des budgets, conséquence des changements de la fiscalité du mécénat, développement du mécénat de compétences… mais surtout, révision des causes soutenues, à la fois en réponse à la montée des besoins essentiels, mais aussi pour ne pas exciter les regards… (en savoir plus).

Prudence.

Les Responsables mécénat interrogés par l’étude, doivent en user à haute dose, assumant les multiples pressions entre un contexte de polarisation politique, et les attentes sur la justification des actions philanthropiques. Nombre d’entre eux reconnaissent ainsi recalibrer les axes d’intervention pour éviter les sujets perçus comme politiquement sensibles. Dans les plans pour 2026, près d’un tiers envisagent de réduire leur soutien aux initiatives sur l’égalité raciale (29%), la justice environnementale (24%) ou l’égalité des genres (22 %). La réorientation des soutiens se fait vers les besoins essentiels qui explosent. Des causes aux bénéfices clairs et moins exposées à la controverse : sécurité alimentaire (45%), inclusion numérique (41%), accessibilité aux services essentiels (39%) ou habitat (38%).

La nature des soutiens devrait également évoluer en 2026.

21% des chargés de mécénat anticipent une baisse du mécénat financier, et presque autant envisagent une hausse. Mais derrière ce semblant d’équivalence, se cache la nouvelle règle fiscale américaine, qui limite la déductibilité des dons aux entreprises seulement à partir du moment où leurs contributions dépassent 1% de leur revenu imposable. Un mouvement qui pourrait amener à décourager entreprises aux montants de mécénat les plus modestes, mais qui pousse aussi à la restructuration des stratégies et portefeuilles pour 67% des sondés, sous la pression notamment des services juridiques et fiscaux. Le mécénat de compétences serait, selon 57% les sondés, appelé pour sa part à se développer. Engagement plus flexible et moteur de mobilisation des salariés, il a aussi l’atout, note l’auteur de l’étude, d’apporter d’autres ressources, des Talents, à des associations enjointes « à faire toujours plus avec moins ».

L’étude complète est disponible sur le site de The Conference Board (inscription requise)

© photo : The conference Board