La Charities Aid Foundation publie son rapport annuel sur l’état du don au Royaume-Uni avec des signaux inquiétants :10% de dons en montants sur un an, 1 britannique sur 5 qui déclare ne plus avoir les moyens de faire un don et une baisse marquée des soutiens à l’aide internationale. Cette édition est également l’occasion de revenir sur 10 ans de ce baromètre Giving UK et sur les évolutions des dynamiques de générosité outre-Manche.

Pour la première fois depuis 2021, le montant total des dons versés à des « charities » par les britanniques a baissé : ils ont donné 14 milliards de livres sterling en 2024, soit 10% de moins que l’année précédente (15,4 milliards), selon le dernier « Giving UK Report » de la Charities Aid Foundation (CAF). Une chute inédite, même si, sur les dix dernières années, le pays avait déjà connu des baisses de dons. Une légère en 2018, dans un contexte d’incertitudes liées au Brexit, et une plus marquée (environ 5%) en 2021, dans un contexte de poursuite des confinements liés au Covid.

Cette chute importante des montants bruts donnés – même s’ils tiennent une légère croissance corrigée de l’inflation – s’inscrit dans un contexte de baisse continue de la part des donateurs sur la décennie : de « 69 % des personnes ont fait un don à une association caritative en 2016 », le pays ne compte plus que 55% de donateurs aujourd’hui. Si le chiffre est relativement stable vs 2024, c’est le don moyen qui fait baisser les totaux, avec une baisse de 10% également (65 £ en 2025, contre 72£ en 2024, hors legs). De fait, la principale raison invoquée outre-Manche – par 22% des sondés – est qu’ils n’en ont pas les moyens. Ce motif étant invoqué par toutes les classes de la population.

Pas les moyens de donner

D’après les recherches de la CAF, la principale raison pour laquelle les gens ne font pas de dons aux charities, est qu’ils n’en ont pas les moyens (motif invoqué par 49% des non-donateurs, soit 22% de la population, contre 45% l’an dernier). Cette raison est invoquée dans toutes les catégories socio-professionnelles. Parmi ceux qui n’ont pas fait de don, 28 % ont par ailleurs déclaré ne pas s’intéresser aux œuvres caritatives — un chiffre qui atteint la moitié (49 %) chez les contribuables soumis aux tranches d’imposition supérieures et qui est également assez haut chez les plus jeunes.

Ce qui fait tenir les dons ? Le prélèvement automatique et les virements réguliers, qui représentent environ un cinquième de l’ensemble des dons. Mais les nouveaux appels ne semblent pas entendus. Sondés sur ce qui a les a incités à faire leur dernier don, plus de la moitié des donateurs évoquent une raison sans rapport avec les messages de la cause : la sollicitation d’un ami/collègue (17%), un don automatique (14%), une expérience personnelle (10%), le don en mémoire d’un proche (10%)… Une très faible proportion affirme avoir répondu à l’appel d’une association (3% pour un mail, 3% pour un post sur les réseaux). Le rapport note par ailleurs une baisse notable du nombre de donateurs en faveur de l’aide internationale et de l’aide d’urgence, soutenue par 11% des donateurs (contre 19% en 2016). En revanche, les dons versés aux associations venant en aide aux personnes âgées, aux enfants et aux jeunes, ainsi qu’aux personnes handicapées, ont plutôt surperformé, portées par la hausse du don moyen.

Dans ce contexte tendu, le baromètre souligne trois conseils aux fundraisers. D’abord, il y a l’importance de soigner ses donateurs réguliers, d’investir dans le relationnel avec eux. Ensuite, la nécessité de continuer à investir dans sa collecte, pour maintenir ou accroitre les dons. Enfin, le rapport insiste sur le besoin de renouer du lien avec les publics : avoir des offres d’engagement qui résonnent avec eux, activer des leviers pertinents pour réengager les citoyens dans le soutien aux associations. Une recommandation qui résonne avec l’appel de Mark Greer, Directeur Général de la Charities Aid Foundation, à un « effort collaboratif » pour relancer la culture du don.

Pour découvrir l’ensemble du UK Giving Report, rendez-vous sur le site de la Charities Aid Foundation.

© Photo : Charities Aid Foundation, UK Giving Report