Jérémy Goldbaum, Responsable du mécénat et des partenariats à La Source Garouste et Emmanuelle Lamaison, consultante en fundraising ont participé à la 3e promotion du programme d’aide au développement associatifprogramme PADA 3 du fonds de dotation de l’AFF, Symmachia.

Le recrutement pour la 4e « promo » du programme vient d’ouvrir. L’occasion de faire se croiser les regards d’un participant et d’une formatrice sur ce programme pas tout à fait comme les autres.

Quel regard porte l’accompagnatrice sur le programme PADA ?

Emmanuelle Lamaison : PADA, c’est 6 mois de programme gratuit – grâce au soutien de deux mécènes : le Groupe Bonum et la Fondation Petits Frères des pauvres – destiné à soutenir des petites structures à fort impact, pour les aider à passer un cap, à se structurer et à se développer. Avec Roland Raymond, nous accompagnons dix organisations retenues autour d’une thématique – pour la 4e promo, ce sera la lutte contre l’isolement des personnes vulnérables. Le programme alterne des temps individuels, pour lesquels nous adaptons l’accompagnement en fonction des besoins et de la maturité de collecte de l’association, et des temps collectifs.

Dès le premier jour, nous sommes très attentifs à poser un cadre de confiance et d’échanges. Nous faisons par exemple présenter à tous un SWOT qui permet d’échanger aussi sur les risques et difficultés. Très vite on entend « ah mais c’est comme nous ! », le lien se crée. Cette dynamique de partage permet de progresser en communauté. Mais la grande spécificité du programme c’est qu’il est suivi en binôme, avec pour chaque organisation un profil « fundraiser » (chargé de mécénat, DG avec la casquette fundraising, etc.) et un membre de la gouvernance – ou qui a un mandat du CA pour s’impliquer sur le sujet des ressources. C’est un levier fondamental de légitimité de l’accompagné dans sa structure, et donc de la prise en compte des axes stratégiques qui ressortent de l’accompagnement.

Et quel est le retour d’expérience de l’accompagné ?

Jérémy Goldbaum : C’est un parcours riche et dense que j’ai suivi avec le Directeur des opérations de La Source Garouste ! Les six mois et leurs différents temps sont très complémentaires. Les temps individuels nous ont permis d’affiner notre stratégie pas-à-pas. Je suis d’accord avec Emmanuelle, la participation en binôme est fondamentale : cela a permis de faire de PADA un vrai levier de questionnement et d’engagement de notre CA sur des sujets de mécénat et de développement. Nous avons partagé aux administrateurs le questionnaire d’auto-évaluation du programme afin de les embarquer et d’identifier les axes d’amélioration.

Depuis PADA, les administrateurs comprennent davantage les enjeux et le fonctionnement du service mécénat. Désormais, lorsque je les sollicite comme ambassadeurs, ils répondent présent. Avant, il m’était plus difficile de mobiliser les administrateurs, aujourd’hui je participe à deux CA par an auxquels s’ajoutent des temps d’échange individuels. L’autre point fort, au-delà de l’accompagnement individuel bien sûr, c’est la richesse de l’esprit de promo et des échanges entre participants. C’est rassurant de voir que l’on rencontre les mêmes problématiques.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite rejoindre le programme ?

Jérémy Goldbaum : Il est nécessaire de poser le bon diagnostic en amont de la candidature et bien définir ses objectifs. Ensuite, le maître-mot, c’est de se servir de PADA pour se fixer des échéances. Les accompagnateurs le font très bien : ils invitent à s’appuyer sur les étapes du programme pour questionner ses pratiques, ses stratégies et ses modes de gouvernance  ; et pour avancer concrètement. Si l’on joue le jeu, les avancées sont significatives : notre association en est la preuve. Nous avons décroché de nouveaux grands donateurs, bénéficié de premiers actes notariés rédigés en faveur de La Source Garouste et engageons des réflexions sur notre plan de développement pour les 10 prochaines années.

Emmanuelle Lamaison : Il faut aussi être prêt à l’investissement. Rejoindre PADA c’est accepter d’être challengé, avoir envie d’évoluer et se donner les moyens de le faire. Le volume de travail entre les sessions est important. Être réaliste sur cette dimension est essentiel. Et – j’insiste – mais la dynamique de binôme est fondamentale ! Binôme voire en trinôme : j’ai déjà accompagné un trio membre du CA – responsable de la collecte – DG. Une ‘dream team’ qui a permis à l’association d’avancer à pas de géants. Derrière cette dynamique, il y a surtout un moyen sans pareil pour faire comprendre aux associations accompagnées que le fundraiser n’est pas le seul garant des résultats de collecte, mais que c’est une responsabilité partagée.

Pour en savoir plus ou rejoindre la 4ème promotion de PADA, rendez-vous sur le site de Symmachia – Candidatures à déposer avant le 18 mai, 23h59