La 21ème édition de l’étude ‘La France bénévole’ menée par Recherches & Solidarités avec Coalta Formation et le soutien de la MAIF, souligne la progression de l’engagement bénévole des Français mais aussi ses mutations, se penchant en particulier cette année sur la fragilisation de sa « colonne vertébrale » : ceux qui s’engagent régulièrement, tout au nom de l’année. Elle propose également des leviers concrets pour la renforcer. 

Croisant une enquête IFOP auprès des Français et un Baromètre d’Opinion des bénévoles, l’étude ‘la France bénévole 2026’ est d’abord l’occasion de se réjouir. Dans un contexte tendu, l’engagement bénévole résiste et progresse même : 25% sont bénévoles dans une association (entre 13 et 13,5 millions de personnes) soit 2,5 points de plus qu’en 2010. Un engagement porté depuis la fin de la crise Covid par un renouveau générationnel, entre recul notable de l’engagement des plus de 65 et montée de celui des 25-34 ans. Ces deux classes d’âges sont aujourd’hui les plus engagées avec des taux de bénévolat quasi identiques (27% pour les jeunes, 28% pour les plus âgés).

Mais derrière ce chiffre rassurant, l’étude confirme la transformation profonde des modes d’engagement qui accompagne ces dynamiques générationnelles. L’engagement ponctuel progresse (4,5 % des Français en 2010, 6 % en 2026), tandis que l’engagement régulier chaque semaine, tout au long de l’année décline (de 12,5% à 10% sur la même période). Après une embellie en 2025 ou la part d’engagement régulier était montée à 11%, elle baisse d’un point, soit 500.000 bénévoles réguliers en moins, souligne l’étude, pour assurer l’accueil, la gestion… en un mot le cœur d’activité des associations. Point notable, ce repli touche prioritairement les femmes : légèrement majoritaires en 2025, elles ne représentent plus que 42% des bénévoles hebdomadaires en 2026 (contre 58% d’hommes). Les moins diplômés sont également touchés, leur taux d’engagement chaque semaine chutant de 9 à 7 % en un an.

Changer les pratiques

Du coté des motivations des bénévoles, si elles restent largement altruistes : être utile et agir pour les autres (85%), défendre une cause (61%), elles reflètent aussi des aspirations personnelles croissantes : appartenance à une équipe, épanouissement personnel, développement de ses compétences. Mais elles continuent à se confronter à des inquiétudes (manque de moyens matériels, financiers, humains… ou fonctionnement des associations en particulier) qui sont possiblement autant un levier de motivation que de désillusion, autant une raison de s’engager que de se désengager.

Alors que les bénévoles – notamment les plus jeunes – affirment aussi des besoins d’un meilleur accompagnement, de plus de formation ou de renforcement de leur implication dans les décisions des associations dans lesquelles ils s’engagent, l’étude livre des pistes concrètes pour renforcer la « colonne vertébrale ». Première recommandation : élargir le champ du recrutement bénévole, ne négliger aucune voie pour renouveler et consolider ce noyau régulier, en mobilisant les viviers proches (adhérents, donateurs, volontaires en service civique, étudiants) et en s’appuyant aussi sur les plateformes d’engagement. Deuxième axe à considérer : prendre le temps d’accueillir et d’intégrer, mais aussi faire de la transmission des savoir-faire bénévole un levier explicite. Un axe qui appelle à faire de l’accueil et l’animation « une fonction à part entière » dans l’association, souligne l’étude.

Pour cela, Recherches & Solidarités invite à oser de nouvelles pratiques : partage de responsabilités, binômes, mentorat, télé-bénévolat, mécénat de compétences… L’étude appelle enfin les associations à « ne pas se fier uniquement au ressenti interne » mais à croiser perception des dirigeants et vécu des bénévoles, à échanger entre elles les bonnes pratiques. Un moyen de dépasser les idées reçues pour mieux mobiliser. Non, les jeunes ne s’engagent pas moins — ils s’engagent autrement. Oui, les bénévoles veulent toujours des responsabilités, mais dans des cadres à la fois plus souples et mieux accompagnés.

L’étude La France bénévole 2026 est à consulter sur le site de Recherches & Solidarités

© Photo : Page d’accueil de l’étude citée