Le 15 septembre, France générosités publiait la seconde édition de son étude consacrée aux moyens de paiement du don en ligne. Elle met en lumière la montée en puissance des alternatives à la carte bancaire, et impose aux fundraisers de repenser l’équation de la collecte en ligne. Et si tout ne jouait pas seulement dans le tunnel qui mène au passage à l’acte du don, mais dans l’espace ténu entre le clic du donateur et le paiement effectif sur le compte de l’association ?

La deuxième édition de l’étude de France générosités sur les modes de paiement du don en ligne dévoile une recomposition discrète mais profonde des « tuyaux » du don. Une recomposition d’autant plus cruciale que la collecte digitale poursuit sa progression, enregistrant en 2025 une hausse de 14 % en montants par rapport à l’année précédente selon le Baromètre de la générosité 2026 de France générosités, soit 36% des montants de collecte de dons ponctuels (22 % en 2019).

Pour analyser cette recomposition, France générosités s’est appuyée sur un vaste panel : grâce aux données de six prestataires* de formulaires de don, l’étude a scruté les moyens de paiement utilisés pour 23,6 millions de dons ponctuels entre 2019 et 2025. Soit 3,2 milliards d’euros de collecte sur la période par un nombre croissant d’organisations : 34 406 dans le panel en 2023 contre 45 109 en 2025.

Sur cette masse de paiements, les cartes bancaires restent le moyen privilégié des donateurs avec 83,4 % des montants collectés en ligne en 2025. Mais leur part a reculé de plus de 10 points par rapport aux 93,8 % de 2019 tandis que la part des modes alternatifs (portefeuilles électroniques, PayPal, virement instantané) est passée de 6 % à 17 % des montants globaux collectés.

Une inexorable diversification des usages

Paypal, solution historique de paiement sans saisie des coordonnées bancaires, voit sa part de la collecte stagner à 6 % et ses montants globaux s’éroder depuis 2022. Il s’établit comme le canal du « petit don » (don moyen de 82 €). Dans le même temps, les portefeuilles électroniques (Apple Pay essentiellement et Google Pay) émergent depuis 2023 et représentent 3 % des montants collectés en ligne en 2025. Loin de cannibaliser les cartes, ils constituent un puissant levier d’acquisition : 93 % des donateurs ayant donné avec Apple Pay sur mobile n’avaient jamais donné sur smartphone auparavant.

Parmi les “nouveaux” modes de paiement, le virement instantané (Open Banking) réalise une percée spectaculaire : inexistant en 2019, il s’impose en 2025 comme le deuxième moyen de paiement en ligne avec 6,6 % des montants collectés et un don moyen ponctuel de 507 € très supérieur à la moyenne globale (128 €). Il séduit les grands donateurs, en témoignent les pics trimestriels moyens de don dépassant 1 000 € au 2ᵉ trimestre (période de l’IFI), tout en contournant les plafonds de paiement mensuel des cartes en fin d’année.

Du côté des dons récurrents

En matière de don récurrent, la validation de prélèvement SEPA en ligne se démocratise rapidement : 1,5 million d’initialisations de dons récurrents ont été enregistrées en ligne en 2025, soit une progression de 36 % par rapport à 2023. Si les cartes représentent encore 56 % des nouveaux dons réguliers, leur part régresse au profit du prélèvement SEPA, qui atteint 34 % des engagements (+46 % en volume depuis 2023) et surpasse désormais les cartes bancaires en valeur totale collectée (avec deux fois moins de transactions).

Poussée par le contexte « d’économie de l’abonnement » , cette progression s’explique aussi par la promotion du levier par les organisations collectrices afin de contrer l’attrition liée à l’expiration des cartes, ainsi que par l’adhésion des grands donateurs à ce mode de paiement. De son côté, PayPal offre une alternative en matière de dons réguliers : 7 % des initialisations en 2025, avec un don moyen stable de 17 à 18 € par mois.

Intégrer le taux d’acceptation à l’équation

Derrière ces dons bien réels, combien de dons initiés qui n’ont pas abouti ? C’est une questions cruciale. Car à l’heure de l’ultra-sécurisation des paiements et de la diversification des usages, les fundraisers doivent apprendre à distinguer le taux de conversion, c’est-à-dire la part des visiteurs du formulaire qui finalise leur don, du taux d’acceptation qui désigne la proportion des transactions effectivement réalisées par les banques.

Alors au-delà de soigner le premier – de la fluidité de son formulaire à la clarté de sa proposition de don – il devient primordial de proposer les modes de paiement ayant les meilleurs taux d’acceptation en fonction du contexte. C’est notamment le cas des portefeuilles électroniques sur mobile, qui améliorent l’acceptation en remplaçant l’authentification forte par une connexion biométrique. L’espace donateur constitue également un canal de collecte à fort potentiel : dès lors que le donateur s’y est identifié, il devient possible de lui proposer un parcours de don simplifié.

Enfin, l’ancrage souverain du paiement offre également un réel gain de performance : le réseau français Cartes Bancaires offre un taux d’acceptation supérieur à d’autres (+9% selon certains acteurs), tandis que la solution européenne Wero devrait, demain, encore venir améliorer l’expérience donateur.

L’ensemble des résultats de l’étude sur les Moyens de paiement du don en ligne 2026 est disponible sur le site de France générosités.

* Six prestataires de formulaires de don ont fourni les données : AssoConnect, Ediis Aid, GiveXpert, HelloAsso, iRaiser et Rgive.

©Photo : France Générosités – Couverture de l’étude