Malgré le contexte politique tendu, et le moral en berne des consommateurs, la générosité américaine n’a pas faibli en 2025 selon la dernière édition du rapport « Giving USA ». Mieux, elle croît notablement de 5,7% (hausse de 3% corrigée de l’inflation), pour passer le cap des 600 milliards de dollars donnés. Derrière cette belle santé, qui profite à tous les secteurs de l’intérêt général : une envolée notable des legs, la croissance des méga dons ou encore la bonne santé boursière.

Plus de 617 milliards donnés en 2025. « Un jalon qui témoigne de la résilience de la générosité américaine dans une économie volatile et alors que de nombreux ménages subissent des pressions financières persistantes », se félicite Wendy McGrady, présidente du conseil de la Giving USA Foundation qui publie chaque année le rapport éponyme. Une belle croissance de près de 6% (moitié moins corrigé de l’inflation), portée notamment par l’explosion des legs : +20% (17% corrigé de l’inflation), amenant à se demander si ce chiffre est un concours de circonstances (en 2024, les legs étaient plutôt en berne) ou un symptôme du début du « grand transfert de richesses ». Ils représentent aujourd’hui 10% de la générosité (contre 8% il y a deux ans).

Malgré le contexte économique inflationniste et le contexte politique tendu, pesant sur le moral des consommateurs, les dons des particuliers progressent de 4,1% (environ trois points de moins corrigés de l’inflation). Ils représentent toujours près de 64% de la générosité US, mais cette part poursuit son érosion (67% il y a deux ans, 80% dans les années 80). Rapportés au revenu disponible, les dons des ménages stagnent à 1,7%, au plus bas depuis 1995. Du côté des entreprises en revanche, la générosité a été la plus frileuse : +3,1% de croissance, soit une quasi-stagnation corrigée de l’inflation. Et si la générosité croissante a bénéficié à tous les secteurs, quelques-uns tirent particulièrement leur épingle du jeu dans un contexte de réduction importante des soutiens publics : éducation (+12%), environnement et cause animale (+11%). Les dons aux organisations religieuses sont pour leur part en quasi-stagnation.

L’impact des hauts patrimoines et des mégadons

Derrière cette belle santé et au-delà de l’impact important des legs, la générosité américaine est donc, comme on peut aussi le constater au Royaume-Uni ou en France, portée par un nombre de plus en plus réduit de donateurs plus généreux. Comme le souligne Amir Pasic, doyen de la Lilly Family School of Philanthropy (Indiana University), qui réalise le rapport : le moteur de la générosité, c’est le patrimoine. « Les bons résultats s’expliquent sans doute en partie par la hausse de la valeur des actifs, due aux bons résultats enregistrés par les marchés financiers ces dernières années. »

Plus encore que les hauts patrimoines, l’importance des « mégadons » sur la générosité américaine s’illustre plus que jamais. Ces dons effectués par des particuliers et définis comme représentant plus de 0,1 % du total des dons de l’année (soit au moins 600 millions de dollars pour 2025) ont totalisé 19,22 milliards de dollars l’année dernière, soit une hausse significative par rapport aux 11,72 milliards de dollars enregistrés en 2024. Parmi eux, les près de 7 milliards de dollars directement alloués par MacKenzie Scott à de nombreuses associations à but non lucratif ainsi que les contributions de Michael Bloomberg (4 milliards de dollars), Bill Gates (3,5 milliards de dollars) ou Warren Buffett (1 milliard de dollars), qui ont leur part abondé leurs fondations respectives.