Pourquoi devient-on fundraiser ? Pourquoi veut-on le devenir ? Ou pourquoi quitte-t-on le métier ? Le site d’annonces d’emploi du secteur caritatif britannique CharityJob publie son baromètre annuel The Voice of Fundraising 2026 qui sonde sur leurs attentes et leurs frustrations des fundraisers en poste, des aspirants à entrer dans le métier ou des professionnels l’ayant quitté. Il propose également des recommandations pour mieux organiser les carrières et les passerelles.

Attirer et fidéliser les talents en fundraising : un défi majeur selon le site britannique CharityJob. Selon lui, bien que les offres d’emploi liées au fundraising figurent parmi les plus nombreuses publiées sur ses pages, elles suscitent moins de candidatures que de nombreuses autres fonctions du secteur associatif. Un paradoxe dans un marché de l’emploi anglais tendu, alors même que de nombreux jeunes diplômés et professionnels en reconversion recherchent des métiers porteurs de sens.

Pour comprendre freins et leviers aux carrières en fundraising, il a donc sondé des professionnels en poste, mais aussi – et c’est plus rare – des fundraisers ayant choisi de quitter le métier (envisageant ou pas d’y revenir) ou des « arrivants » (intéressés par le fundraising). Au final, 141 répondants à cette étude, un échantillon modeste, mais qui propose des signaux intéressants sur lesquels s’arrêter.

Le sens oui, mais pas seulement

« Faire une différence / avoir un impact social » est de très loin le premier facteur d’attractivité du fundraising. Il est cité par 89 % des fundraisers actuellement en poste et 83 % des nouveaux entrants. Mais attention, ce chiffre tombe à 64% chez ceux qui ont quitté le fundraising, preuve que le sens ne fait pas tout pas face à certains écueils de la pratique du métier.

Pour les nouveaux venus, le travail flexible ou à distance (46 %) et la possibilité de transférer des compétences acquises dans un autre secteur (42 %) arrivent également en bonne place, devant les taux observés chez les fundraisers déjà en poste (respectivement 23 % et 21 %). Pour les professionnels envisageant un retour dans le secteur, la question de l’offre de postes est (au-delà du sens) l’un des premiers sujets, avec la diversité des missions et le transfert de compétences.

Des freins non négligeables aux vocations

  • Pour les personnes souhaitant rejoindre le secteur, le principal obstacle identifié est le manque de clarté des voies d’accès au métier. Ceux qui n’ont pas (encore) franchi le pas invoquent d’abord l’ignorance de la marche à suivre (45 %), la méconnaissance du secteur (41 %) ou le sentiment de manquer de diplômes (35 %). CharityJob en tire une conclusion : parfois le fundraising « exclut par accident » celles et ceux qu’il cherche à attirer, faute de donner une lecture claire des parcours et des attentes métier.

Autres freins identifiés, cette fois à la fidélisation : la rémunération, citée par les fundraiser en poste le salaire comme premier facteur susceptible de les pousser à partir. Mais pour ceux qui ont quitté le secteur (deux tiers envisageant d’y revenir, un tiers non), le salaire n’arrive qu’en 7eme position des raisons de leur départ. En tête des motifs : de meilleurs perspectives d’évolution hors du secteur (38 %) et l’envie d’un nouveau défi (38 %), suivis du manque de flexibilité et de la qualité du management (31 % chacun). Signe que les sorties se jouent possiblement moins sur la fiche de paie que sur les perspectives d’évolution et les conditions de travail.

La question du stress

S’il ne figure pas dans la liste des raisons du départ (item non proposé par l’étude), le stress joue surement un rôle non -négligeable. Près d’un fundraiser en poste sur deux dit subir un stress « souvent » ou « toujours », nourri par la pression des objectifs de collecte (61%), la charge de travail (51%) ou le manque de moyens humains (46 %). Face à cela, l’accompagnement reste maigre : la souplesse horaire mise à part (62%), seul un tiers dispose de ressources de santé mentale (14%). Ceux qui ont quitté le métier sont plus nombreux à affirmer avoir subi le stress, et seuls 14% affirment avoir bénéficié de ressources sur la santé mentale. Le soutien au bien-être apparaît ainsi comme un enjeu important de fidélisation.

Des leviers pour renforcer l’attractivité

  • Le rapport invite les organisations à agir sur plusieurs leviers. Du côté de la fidélisation des fundraisers en poste, outre adresser les questions de rémunération, il invite les organisations à mieux valoriser l’impact du fundraising (notamment au niveau des conseils d’administration), à créer des voies de progression plus incitatives, à renforcer la flexibilité et les mesures en faveur du bien-être au travail.
  • En termes de recrutement, Le rapport se garde des remèdes spectaculaires et mise sur des ajustements concrets. Premier réflexe : jouer des motivations réelles. Puisque le sens et la flexibilité sont les deux plus forts aimants, autant les mettre en avant dès le départ. Deuxième chantier : élargir mais aussi clarifier les voies d’accès au métier, les prérequis, les fourchettes de salaire et les perspectives d’évolution. et associée à des pratiques plus inclusives permettrait notamment d’identifier des talents issus de parcours non traditionnels.
  • Quant à ré-inviter ceux qui ont quitté le métier – posssiblement un vivier de talents sous-exploité –  le rapport propose à leur fort appétit de montée en compétences : plus que les fundraisers en poste, ils expriment un besoin de formation au fundraising digital (64%) ou à l’IA (50 %). D’où le plaidoyer de CharityJob pour des passerelles structurées, mêlant remise à niveau sectorielle et upskilling numérique et commercial, qui évitent de repartir de zéro.

L’ensemble du rapport est à télécharger sur le site CharityJob.co.uk

Pour aller plus loin sur les réalités du métier de fundraiser, retrouvez également notre étude sur les rémunérations dans le fundraising et le référentiel des métiers, et découvrez les résultats de notre étude sur la santé mentale des fundraisers, publiée le 8 octobre ( l’étude complète réservée aux adhérents) Découvrir l’étude santé mentale et s’inscrire au webinaire de restitution du 8 octobre.

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