L’Observatoire Philanthropie & Société de la Fondation de France publie l’édition 2026 de son Baromètre annuel de la philanthropie sur les fondations et fonds de dotation en France. Une édition qui souligne la poursuite du développement des structures tant en nombre qu’en termes d’actifs ou de sommes distribuées. A noter également : la tenue le 9 juin de la première rencontre des fondations actionnaires, qui se développent également peu à peu dans le paysage hexagonal.

En 2025 encore, note le baromètre, le nombre de fondations et fonds de dotation français a crû de 3%, amenant le nombre total de structures en activité à plus de 6000. En 10 ans, le nombre de véhicules philanthropiques a ainsi progressé de près de 60%. Et pour la première fois depuis la création du statut de fonds de dotation en 2008, l’étude relève une quasi exacte parité en nombre entre ces fonds et les diverses formes de fondations. Les dépenses des fonds et fondations sont également en croissance : +5,4% par rapport à 2024. Leurs actifs croissent également d’un peu plus de 5%, avec une montée en puissance des fonds de dotation dont les actifs ont quant à eux augmenté de 12% en un an.

Montée de la culture et de l’environnement

Après s’être concentré sur le rajeunissement des fondateurs créant leur structure dans l’édition de l’an passé, l’édition 2026 du baromètre se penche cette année sur les causes soutenues, notant une forte progression au fil des décennies des structures « multi-causes ». Avant les années 2000, seules 27% des fondations soutenaient plusieurs champs de l’intérêt général. Sur la période actuelle (depuis 2020), ce sont 45% des fonds et fondations qui s’engagent sur plusieurs thèmes.

En termes de thématique centrale d’intervention des structures philanthropiques créées, le baromètre note depuis 2020 un regain d’intérêt pour la culture : 33% des créations sur la période 2020-2025 contre 26% sur la période précédente (2010-2019). L’environnement est la thématique d’intervention qui accélère le plus : 26 % des créations de fonds et fondation sur la période 2020-2025, contre 12 % sur la période précédente.

L’orientation de l’intervention évolue également note le baromètre, en particulier sous l’impulsion des fonds de dotation. « Dans le champ environnemental, l’engagement des fondations et fonds de dotation, centré avant 2010 sur la protection des animaux et des espaces naturels, s’est progressivement élargi à des approches plus globales intégrant le développement durable et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. Parallèlement, dans le domaine des arts et de la culture, l’action des acteurs philanthropiques, longtemps structurée autour de la préservation du patrimoine, s’ouvre désormais plus largement à la création artistique et à la promotion des arts ».

La montée des fondations actionnaires

Le baromètre ne détaille pas aujourd’hui la question de la progression des fondations actionnaires – très répandues en Europe du Nord (d’Ikea à Rolex en passant par Bosch) –  et qui se développent peu à peu en France. Ces fondations, souvent créées pour sécuriser le capital d’une entreprise, tout en soutenant l’intérêt général avec les dividendes reçus de la société détenue, tenaient le 9 juin leurs premières rencontres, réunissant les pionniers français (Pierre Fabre, Léa Nature, Sirops Monin, La Montagne…). Certes la progression est lente : 3 fondations actionnaires il y a 10 ans, 38 aujourd’hui, rapporte Le Monde, mais ce modèle de philanthropie hautement stratégique est à surveiller, avec possiblement à la clé pour les associations françaises des ressources pérennes et pluriannuelles. A lire aussi sur le sujet le compte-rendu de l’événement par Carenews ou l’étude extensive de Prophil, qui accompagne le développement du modèle en France.

© Photo : Fondation de France