Lombard-Odier passe au crible les attentes de la next gen de philanthropes
17 septembre 2026

La banque privée suisse Lombard Odier publie les résultats d’une enquête menée début 2026 auprès de 260 jeunes et moins jeunes grands patrimoines en Suisse, à Singapour, aux Émirats arabes unis et au Royaume-Uni. Enseignement central : si les moins de 45 ans partagent les mêmes valeurs que leurs aînés, ils font du suivi de l’impact et de l’innovation de nouvelles exigences. Des exigences stratégiques dans un contexte de concentration croissante du capital philanthropique, des exigences partagées… mais qui s’ajustent à leur culture nationale.
Le rapport intitulé The Next [Gen] Chapter of Philanthropy révèle que la rupture entre les donateurs de moins de 45 ans et les générations plus âgées ne repose pas sur le fond, mais sur la forme. 80% des répondants estiment ainsi que tous partagent les mêmes valeurs et motivations en matière de philanthropie : soutenir les communautés, exprimer des valeurs personnelles ou familiales et laisser un héritage durable. Ce qui change, ce sont les attentes quant à la manière dont ces valeurs se traduisent en actions : les donateurs de moins de 45 ans sont près de trois fois plus nombreux que leurs aînés à placer l’impact mesurable en tête de leurs priorités (19% contre 7%), et près de deux fois plus nombreux à privilégier l’innovation dans leurs pratiques de don (27% contre 13%).
Ce basculement générationnel intervient dans un contexte de concentration philanthropique. « Si, globalement, les dons n’ont jamais été aussi importants, le nombre de donateurs diminue rapidement. », synthétise ainsi Maximilian Martin, directeur mondial de la philanthropie chez Lombard Odier. Selon lui, cette conjoncture pousse la nouvelle génération de grands donateurs à structurer davantage leur philanthropie et à établir une stratégie patrimoniale sur le long terme. Concrètement, l’exigence de mesure d’impact des donateurs de moins de 45 ans se traduit par une demande d’indicateurs de performance et de suivi des résultats obtenus, et leur appétence pour l’innovation s’incarne dans le recours croissant à de nouveaux véhicules de don et dans une frontière de plus en plus floue entre investissement et don. Ainsi, des questions qui relevaient autrefois de la gestion de patrimoine flirtent désormais avec le domaine de la philanthropie.
L’influence de la culture locale du don
Si la nouvelle génération souhaite unanimement donner de manière plus impactante, chaque place financière étudiée (Suisse, Singapour, Émirats arabes unis et Royaume-Uni) compose pour autant avec sa propre culture du don. En Suisse, la philanthropie progresse par ajustements successifs, sans rupture, et la moitié des sondés attend de leur gestionnaire de patrimoine qu’il intègre la philanthropie dans la stratégie patrimoniale familiale. À Singapour, 60% des répondants prévoient de recourir à de nouveaux outils philanthropiques, signe d’un terrain porteur pour l’innovation. Esther Chang, PDG d’Asia Philanthropy Circle, souligne ainsi que « la philanthropie évolue, passant du simple don par chèque à une approche plus stratégique, réfléchie et systémique des dons ».
Aux Émirats arabes unis, où le don reste ancré autour de la foi, de la famille et de la communauté, 57% des sondés, soit la proportion la plus élevée des quatre marchés, réclament un accompagnement pour bâtir des stratégies assorties d’indicateurs de performance. Au Royaume-Uni enfin, l’intérêt pour la philanthropie collaborative est massif (80%) mais sa mise en pratique reste marginale : 8% des donateurs seulement travaillent actuellement avec leurs pairs, des ONG ou des gouvernements, soit un potentiel largement inexploité. Dès lors, l’enjeu ne réside pas dans la capacité des jeunes grands donateurs à prendre le relais, mais dans celle des organisations philanthropiques à commencer par mieux les comprendre pour mieux les engager.
L’ensemble du rapport est à télécharger sur le site de Lombard Odier.
Note méthodologique : l’enquête a été conduite par CoreData entre janvier et février 2026 auprès de 260 personnes fortunées disposant d’au moins un million de francs suisses d’actifs investissables, à raison de 65 répondants par marché (Suisse, Singapour, Émirats arabes unis, Royaume-Uni), répartis à parts égales entre générations de plus et de moins de 45 ans.
En savoir plus sur ces nouvelles générations de grands donateurs ? Assistez à notre 4ème conférence Grands Donateurs et Philanthropie qui abordera, entre autres, ce sujet à Paris et en distanciel, les 17 et 18 novembre prochains.
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©Photo : Rapport The Next [Gen] Chapter of Philanthropy, Lombard Odier
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